Mariele Lucas Rijneveld – Qui sème le vent

Buchet-Chastel, 2020. 287 pages, 20 €

Voilà le premier roman d’une jeune auteure néerlandaise (29 ans) qui a obtenu l’International Man Booker Prize, la plus jeune lauréate de ce prix.

Dans une ferme du Brabant, au sud des Pays-Bas, la vie est rude : le froid est « aigre », les polders gèlent régulièrement. De rudes conditions de vie où les vaches sont omniprésentes, où la nature est difficile.

L’héroïne, la narratrice, Jas a dix ans et découvre la vie grâce au bétail et aux crapauds qu’elle élève ! Elle découvre la vie dans une famille protestante réformée, où les napperons en dentelle couvrent toutes les surfaces. Une famille aux rythmes stricts où la Bible et ses principes sont omniprésents.

Jusqu’au jour où Jas, une prière-blague d’enfant, maudit son frère ainé : «  Puis j’ai demandé à Dieu, s’il pouvait, s’il Vous plaît, de prendre mon frère Matthies au lieu de mon lapin. Amen ».

Nous sommes quelques jours avant Noël. Matthies, le frère aîné se noie en faisant du patin sur une glace trop fine…

De cette malédiction enfantine, Jas ne se remettra pas, sa famille non plus. Les non-dits et le silence, le manque de dialogues pèsent autant que le décès du frère aîné sur la vie de famille.

Ce n’est pas du tout un livre triste et déprimant, au contraire il y a de l’humour, de la dérision, de la poésie et un côté traditions rurales bien sympathique.

Un grand livre par une auteure de talent, célèbre pour ses poèmes et qui travaille dans une ferme.