Le test Elzéard
Le test Elzéard
Laurine Roux
Laurine Roux est née 1978 à Gap, elle est écrivaine et professeure de lettres modernes. En 2018, elle publie, aux Éditions du Sonneur, son premier roman Une immense sensation de calme qui obtient le Prix Révélation de la Société des gens de lettres. Son dernier roman, Trois fois la colère, a quant à lui été couronné du prix des Libraires 2026. Le test Elzéard a paru aux Éditions Julliard dans une nouvelle collection imaginée pour « créer des ponts entre les luttes, anciennes et contemporaines, par le biais de récits composés par des auteurs de fiction ». C’est la collection « Sans préavis » lancée le 7 mai dernier avec ce texte de Laurine Roux.
Le test Elzéard, du nom d’Elzéard Bouffier, l’homme qui plantait des arbres imaginé par Jean Giono, est un test simple qui tient en quatre questions :
- Le projet est-il dépouillé de tout égoïsme ?
- L’idée qui le dirige est-elle d’une générosité sans exemple ?
- Ne cherche-t-il de récompense nulle part ?
- Le projet rend-il le monde meilleur ?
Simple mais vertigineux !
Laurine Roux nous propose, après ce point de départ de son récit, de remonter son histoire personnelle jusqu’à son enfance. Elle nous accueille dans sa ville natale Veynes « la Rouge » jusque dans ses souvenirs pour comprendre le terreau familial sur lequel sa personnalité à germée. Elle nous raconte sa grand-mère Madeleine, présidente de l’association d’étude de l’énergie solaire, disciple d’Augustin Mouchot s’il y en eu, qui a créé les fêtes solaires de Veynes. Comment imaginer, dans les années 70, qu’un jour il faudrait se battre contre des projets photovoltaïques pour préserver l’environnement ? « Dans une société où le capitalisme, gavé de profit, continue de planter ses canines dans les paysages jusqu’à l’indigestion », quels exemples pour affirmer que des réalisations ont réussi le test Elzéard ? Laurine Roux passe ensuite du récit à l’enquête et nous invite à la suivre sur la montagne de Lure, rencontrer les militant.es qui s’opposent à Boralex et à la déforestation, les riverains, les collectifs et les associations, elle se fait la porte-voix de leur lutte pour la défense du paysage et la sauvegarde des lieux emblématiques. Elle nous invite à nous questionner sur le concept de propriété privée, sur la problématique du recul des surfaces agricoles, à sentir les lieux que nous habitons et à lire les paysages. Elle le fait avec intelligence, application, implication, se met la pression, elle nous confie « je me dois d’être une bonne dépositaire de la confiance accordée » et avec son talent d’immense écrivaine qui rend la lecture de ce livre si passionnante.
Édition Julliard
Parution le 7 mai 2026
22 €