La pentatonique du coeur

La pentatonique du coeur

Marcus Malte

Marcus Malte est l’auteur de nombreux romans et nouvelles. Passé par le cinéma, il se consacre tout d’abord aux genres du polar et du roman noir, puis élargit son univers littéraire. Il est l’auteur du remarquable roman Le garçon (folio), qui revisite le mythe de l’enfant sauvage, texte magnifique et très beau portrait d’un garçon qui deviendra homme par l’amour et par la guerre. Il écrit aussi pour la jeunesse, dont le roman à saveur de fable, Le dernier hiver (Ed. Du Rouergue), raconte la vie d’un bonhomme de neige qui, saison après saison, raconte lui-même la vie de notre humanité, alors que la neige est appelée à disparaître. Son dernier ouvrage paru chez le même éditeur, l’album Droméo et Chuliette, écrit avec l’illustrateur Henri Meunier, a remporté le prix Socière 2026. Fable encore, pour adulte cette fois, un roman publié en 2025 chez Zulma, Aux marges du palais, est une satire sociale et bouffonne délicieuse en son genre, dans laquelle un groupe de bras cassés et petits truands, haut en couleurs, part à la conquête du palais présidentiel en passant par la case amour d’une star de la télé.

Bref, Marcus Malte est un auteur généreux, intéressant à découvrir, et La pentatonique du coeur peut être une bonne entrée en matière, puisque qu’il s’agit d’une autobiographie fictive, ainsi que le revendique l’auteur. Comme lui, le narrateur naît à la Seyne-sur-Mer dans les années soixante, dans un milieu modeste. Plein d’auto-dérision, il nous raconte sa vie, en commençant par son coup de foudre absolu pour la musique blues lorsqu’il voit pour la première fois le film Les Blues Brothers. Son destin est alors choisi et tracé, il se rebaptise Muddy et décide que sa vie sera la musique.

« Muddy Miles est venu au monde à l’âge de treize ans et demi ; c’était le 7 novembre 1980 à quatre heures de l’après-midi et ça se passait sur le siège en faux velours bleu, miteux, de l’Eden, dernier cinéma encore en exploitation dans notre ville ».

Bien sûr, le chemin est long et tortueux. Mais sur ce chemin, il y a la musique, et les amis dont Cecil. Une amitié qui sera aussi décisive que le film pour la vie de Muddy. Un personnage touchant qui aime autrui et pleure le malheur des autres. Muddy est sensible, et s’il a choisi le blues, ce n’est pas par hasard. Ce court roman plaira à quiconque fut ado dans les années 80 et/ou aime le blues. On apprécie le ton enjoué de Malte, un humour qui transpire de gentillesse, comme un pansement avec un dessin dessus, un câlin lorsque l’émotion née des drames et injustices de la vie est trop lourde.

Editions Libretto, 2026 – 8.30€