Le château de la solitude

Le château de solitude

Luc Dagognet

 

Les yeux battus / La mine triste et les joues blêmes / Tu ne dors plus / Tu n’es que l’ombre de toi-même / Seul dans la rue / Tu rôdes comme une âme en peine / Et tous les soirs sous sa fenêtre on peut te voir / Je sais bien que tu l’adores / (Bambino, bambino) / Et qu’elle a des jolis yeux / (Bambino, bambino) / Mais tu es trop jeune encore / (Bambino, bambino) / Pour jouer les amoureux

Je ne trouvais pas comment chroniquer ce beau livre, jusqu’à ce que je tombe par hasard sur les paroles de Bambino (Dalida). Attention, rien à voir avec la musique de la chanson de Bambino, on est plutôt dans l’ambiance nostalgique de « Il avait presque 20 ans… » Voilà, Jacques, le personnage principal du livre, a 8 ans, et c’est Bambino, mais en plus sombre, car au lieu de gratter sur sa mandoline il a une fâcheuse tendance à l’auto-mutilation. L’objet de son amour, une vieille de 17 ans qui lui accorde quelques rares et doux moments qui ne feront qu’attiser la flamme si adulte et mâture de Jacques, et renforcer la cruauté de cet amour impossible. En parallèle, la trajectoire de la famille de l’aimée, et le portrait d’adultes qui comme Jacques peuplent leur solitude comme ils le peuvent, au pied du château.

Une belle lecture dont l’écriture lumineuse nous éclaire dans ces rencontres avec les différents personnages, comme une musique triste qui nous touche et nous console. Et pour finir de se consoler, on remet Dalida. 

Tu peux fumer comme un monsieur des cigarettes / Te déhancher sur le trottoir quand tu la guettes / Tu peux pencher sur ton oreille ta casquette / Ce n’est pas ça, que dans son cœur, te vieillira / L’amour et la jalousie / (Bambino, bambino) / Ne sont pas des jeux d’enfant / (Bambino, bambino) / Et tu as toute la vie / (Bambino, bambino) / Pour souffrir comme les grands

Editions DO, 2026 – 21 €