Les endormis de Kalachi
Les endormis de Kalachi
Fabienne Juhel
Les endormis de Kalachi s’inspirent de deux faits réels qui se sont déroulés au Kazakhstan (…). A partir de 2012 et sur une période de plusieurs mois, plus d’une centaine d’habitants de la bourgade de Kalachi, située au milieu des steppes, au nord du Kazakhstan, s’endorment de manière soudaine, pour se réveiller deux, trois, voire sept jours plus tard à l’hôpital. Parallèlement, des saïgas, une variété d’antilopes, (…) commencent à mourir par dizaines de milliers. Note de l’autrice, extrait
Comme elle le dit, l’autrice s’est inspiré d’un fait réel, et on retrouve dans ce roman les noms de vraies personnes, comme celui de Mme Felk, qui fut réellement la première touchée par cette mystérieuse épidémie. Dans le tranquille village de Kalachi, Masha Felk, le personnage, a le vague à l’âme. Seule la compagnie de ses vaches lui apporte quelque réconfort. Lors de la traite, elle perd subitement connaissance, et est transportée à l’hôpital de Buzuluk. La neurologue Irina Pushakova est formelle : Masha Felk dort, de même que deux autres patients, une touriste française et un ornithologue anglais. Impossible de les réveiller. Le bel Aslan Malenkov, officier de police et par ailleurs amant d’Irina, ne sait bientôt plus où donner de la tête, entre les nouveaux cas d’endormissement qui se succèdent, et le signalement de plus en plus fréquent des cadavres d’antilopes saïgas – ce qui, pour une fois, ne semble pas être du fait du braconnage. La situation prend une autre ampleur encore lorsque une vingtaine d’enfants disparaît dans la steppe (ce que nous, lecteurs, savons, c’est que le chauffeur du bus scolaire s’est endormi). Et l’on retrouve Masha Felk, dont le mari est sauvagement assassiné alors qu’elle était enfin sortie de son sommeil.
L’autrice prend le temps de développer une demi-douzaine de personnages, et quelques liaisons amoureuses, pour nous embarquer au plus près de ce drame. On est à la frontière du polar, avec quelques passages crus ou violents (dont la présentation du chauffeur de bus, dont on se réjouit qu’il se soit endormi), et surtout le mystère qui entoure cette soudaine épidémie. Les hypothèses vont bon train, les soupçons se portant en premier sur la mine d’uranium abandonnée par les Russes, à quelques encablures du village.
C’est un bon roman d’aventure, rythmé, dans lequel l’autrice laisse aussi la part belle au vivant, les steppes et ceux qui les habitent, saïgas, chevaux, lynx, … Aujourd’hui, si la population d’antilopes s’est stabilisée, il n’y a toujours pas de réponses aux questions soulevées ; le mystère des endormis de Kalachi reste entier.
Editions du Rouergue, 2026 – 23 €